Insurrection de Varsovie 1944 à Wola

          Dans la deuxième moitié du mois de juillet 1944, la situation sur le front oriental changeait progressivement au désavantage des Allemands. L’offensive soviétique, entamée en juin, se déplaçait vers Varsovie. Le 23 juillet, la foule des soldats allemands, fatigués et sales, apparut dans les avenues principales de la capitale. Ils allaient sans cesse, en voitures, dans les chars, à cheval ou à pied, du quartier de Praga par le pont «Kierbedzia» en direction de la voie vers Modlin. L’autre trajet passait par le pont «Poniatowskiego» vers Aleje Jerozolimskie et les rues Wolska et Grojecka. Les sons de canonnade d’artillerie venaient de la direction de Radzymin. Les Allemands se retiraient peu à peu vers la rive gauche de la Vistule.
          Les Allemands travaillant dans la capitale commencèrent à quitter la ville en panique. Parmi eux se trouva le gouverneur Ludwig Fischer et le maire-commissaire Ludwig Leist. L’occupant ordonna l’évacuation massive de ses offices et institutions. Après quelques jours, la situation se normalisa. Le 26 juillet, les régiments évacués de police allemande et de la SS, aussi bien que certains fonctionnaires avec le gouverneur Fischer, retournèrent dans la ville. Varsovie fut trop importante pour l’abandonner sans combat. De plus, la ligne de la Vistule possédait la valeur stratégique.

          Afin de renforcer le front oriental, les divisions exceptionnelles transportées du front occidental se rajustaient sur les voies ferroviaires de raccordement à Skierniewice et Pruszkow, à l’ouest de Varsovie. Ce furent les formations suivantes : la division parachutiste-blindée «Hermann Göring», transportée en hâte par les trains du front italien, et la 5ème division blindée de la SS «Viking». On renforçait aussi les unités de combat défendant la banlieue orientale sur la rive droite de la Vistule. Les forces de la garnison allemande, composée d’environ 15 000 personnes, furent soutenues par les membres de la SS et de la police. Elles dépendaient du commandant de défense de la ville, à l’époque le général-lieutenant Reiner Stahel. Cet homme de 52 ans, élu pour son poste le 31 juillet, se réjouissait de confiance exceptionnelle de la part d’Hitler. Deux semaines plus tôt, Stahel atteignit avec une partie de sa troupe la ville de Wilno (aujourd’hui Vilnius) après 5 journées de combat. Après ce succès, il fut décoré des feuilles de chêne et glaives pour sa Croix de chevalier de la croix de fer.

          Aux alentours de Varsovie, les batailles des deux ennemis de la Pologne, l’Allemagne et l’URSS, étaient en cours. Les discussions sur les intérêts contradictoires des alliés, au fond desquelles l’affaire de Pologne constituait l’un des moments importants, avaient lieu dans les offices des diplomates de coalition contre Hitler. Les décision importantes, défavorables pour la Pologne, furent déjà prises en secret à la fin de l’année 1943 à Téhéran.

          Varsovie en tant que l’endroit de la lutte armée ouverte entra en jeu dans les plans du Commandement général d’AK seulement après le 21 juillet 1944. Le plan «Burza» (Tempête), élaborée à la fin de l’année 1943 et prévoyant de porter secours au front soviétique approchant, excluait initialement Varsovie de sa réalisation.
          La situation politique et militaire de la fin du mois de juin et du mois de juillet 1944 changea totalement les accords antérieurs. Conformément au plan «Burza», on planifia à Varsovie de: «jouer le rôle du hôte face à l’armée russe régulière entrant sur nos territoires. Il faut prétendre pour que le commandant polonais affronte les régiments soviétiques. Après la bataille avec les Allemands, il aura le plus grand droit d’y être hôte».

          Puisque la situation politique devenait de plus en plus compliquée, la veille de la visite officielle du premier ministre Stanislaw Mikolajczyk à Moscou on songeait que l’éclatement de l’insurrection serait un argument important dans les discussions avec le gouvernement de l’URSS. L’Insurrection de Varsovie fut, néanmoins, totalement indésirable du point de vue des plans de Staline envers la Pologne.
          Une dépêche de radio du gouvernement en exil à Londres, envoyé le 25 juillet 1944 au délégué du gouvernement en Pologne Jan Stanislaw Jankowski pseudo «Sobol» (Zibeline) et au Comandant général d’AK le général de division Tadeusz Komorowski pseudo «Bor» (Bois), fut la suivante: «Durant la séance, le Gouvernement de la Pologne a consenti de vous autoriser d’annoncer l’éclatement de l’insurrection à un moment choisi par vous...». La décision se donc retrouva dans la gestion du commandement de la résistance. On consentit d’organiser le soulèvement armé sur le territoire de la capitale. Il ne resta que d’en fixer la date.




Jan Jankowski pseudo «Sobol»

Général de division Tadeusz Komorowski pseudo «Bor»

          Le 29 juillet, quelques tanks soviétiques atteignirent les limites du quartier de Praga. Il semblait que la libération de Varsovie ne fut qu’une question de temps. Dans la soirée, l’Union des patriotes polonais gauchiste promulgua par la radio de Moscou un appel aux Varsoviens :
          «Luttez contre les Allemands ! Varsovie entend déjà, sans doute, le fracas des canons... Pour Varsovie, qui ne s’est jamais assujettie et n’a jamais cessé de se battre, l’heure d’action a sonné.»

          Dans l’après-midi du 31 juillet, après quelques essais de mobilisation, le Commandement général d’AK annonça la date d’éclatement d’insurrection – l’heure «W» pour le 1er août à 17 heures.


Ordre du Commandant de l’AK sur l’éclatement d’insurrection
(Le document dit :
Bulletin informatif ; quotidien ; Varsovie, le 2 août 1944
Le Commandant de l’AK ordonna de lutter contre l’ennemi
Soldats de la capitale,
Aujourd’hui, j’ai prononcé un ordre désiré par vous d’entreprendre la lutte ouverte contre l’ennemi éternel de la Pologne, l’envahisseur allemand.
Après presque 5 années de batille dure et ininterrompu, menée en conspiration, vous faites ouvertement face, avec votre arme dans les mains, à l’ennemi,
pour rendre la Liberté à la Patrie et pour punir les assassins allemands après la terreur et les crimes effectuées sur les terres polonaises.
Varsovie, 1er août 1944                                                                                             Commandant de l’AK
                                                                                                                       «Bor»)


          Le Commandant du district de Varsovie de l’AK, le colonel Antoni Chrusciel pseudo «Monter», transmit cet ordre à ses régiments.


Colonel Antoni Chrusciel pseudo «Monter»


          Comme ce fut déjà le cas dans plusieurs moments dans l’histoire de la Pologne, durant les premiers jours de l’insurrection, le quartier de Wola y joua un rôle important, comme le premier quartier de Varsovie sur lequel les Allemands tournèrent leur attaque. Dans les jardins d’Ulrich, entre les rues Ksiecia Janusza et Gorczewska, siégèrent les tanks de division «Hermann Göring». Les autres groupes furent placés sur le territoire de Bemowo, Boernerowo et Gorce. À partir du 29 juillet, les tanks lourds se dirigeaient de l’ouest à l’est, par Aleje Jerozolimskie et le pont Poniatowskiego vers le quartier de Praga et ensuite vers Wolomin. Une partie des machines allemandes resta dans les jardins d’Ulrich.


Entreprise d’Ulrich à Wola


          Le stationnement des forces blindées allemandes à Ulrichow prit des conséquences tragiques pour les insurgés de Wola. Dans les jardins d’Ulrich, on magasinait en conspiration l’arme pour le I et le III région du district «Wola» de l’AK. En l’occurrence, les cachettes avec l’arme furent bloquées et à l’heure «W» 500 soldats de l’AK restèrent sans arme. Selon les historiens, ce fait constitua l’une des causes de l’échec d’action des insurgés à Wola.

          Le quartier de Wola constituait le III district dans la structure d’organisation d’AK, région Varsovie-la ville. Le territoire du district fut divisé en encore 3 régions: I – extérieur, voisinant le quartier d’Ochota ; II – intérieur, embrassant le centre du quartier et III – extérieur, voisinant le quartier de Zoliborz.


Wola – III district d’AK


          Dans tout le district, les cryptonymes commençaient par la lettre «W» et la numération des associations se fermait en chiffre «300». Le district fut commandé par le major Jan Tarnowski pseudo «Waligora» (Tombe-montagne). Le lieutenant Jerzy Dominiuk pseudo «Wilnianin» (nom désignant l’habitant de Wilno) y fut le chef de l’état-major.




Major Jan Tarnowski pseudo «Waligora»

Lieutenant Jerzy Dominiuk pseudo «Wilnianin»

          Les régions furent commandées par le lieutenant Stanislaw Gabryszewski pseudo «Balbo», le capitan Waclaw Stykowski pseudo «Hal» et le capitan Stanislaw Stefanski pseudo «Stefan».

          La région I embrassait le sud du quartier, à partir d’Odolany jusqu’à Czyste. Les forces de la région comportaient environ 700 soldats groupés en 13 plutons assez bien armés. Ils possédaient 11 carabines mitrailleuses manuelles, 80 carabines, 12 pistolets mitrailleurs et 150 pistolets militaires.

          La région II touchait au sud la région I et s’étirait, en tant que le territoire resserré, de Jelonki le long la rue Gorczewska par la partie sud d’Ulrichow pour s’élargir ensuite sur la totalité du sous-quartier Mlynow. Sur ce territoire stationnaient les groupes : du lieutenant «Wit» - 3 plutons, du lieutenant «Ostoja » - 2 plutons, du lieutenant «Zar» - 3 plutons et du lieutenant «Gromada» - 3 plutons. Au total, les forces du territoire comptaient environ 700 soldats possédant 5 carabines mitrailleuses manuelles, 52 carabines, 7 pistolets mitrailleurs et 160 pistolets militaires.

          La région III fut constituée par la partie nord-ouest du quartier, entre autres par le sous-quartier Gorce et partiellement – Ulrychow et Kolo. Les forces de la région, après la mobilisation et la concentration, auraient dû compter environ 1000 soldats groupés en 23 plutons. Leur armement fut très modeste – à peine 4 pistolets mitrailleurs et quelques grenades. On promit aux soldats de distribuer l’armement permanent, déposé dans les magasins, après la fin de mobilisation.

          Au total, les forces du district comptaient environ 2600 insurgés avec 2 carabines mitrailleuses, 16 carabines mitrailleuses manuelles, 132 carabines, 23 pistolets mitrailleurs, 310 pistolets militaires et environ 1000 grenades.

          De plus, dans la partie orientale du quartier, le long de la rue Okopowa, on désigna les territoires de concentration des régiments du centre de diversion du Commandement général d’AK («Kedyw»), faisant partie du groupe «Radoslaw».




Lieutenant-colonel Jan Mazurkiewicz pseudo «Radoslaw»

Major diplômé Waclaw Janaszek pseudo «Bolek»

          Ce furent les régiments exceptionnels d’AK : les bataillons «Parasol», «Czata 49», «Zoska», «Piesc», «Miotla», pluton blindé «Wacek», brigade «Kolegium A», brigade féminine «Dysk». Le groupe fut commandé par le lieutenant-colonel Jan Mazurkiewicz pseudo «Radoslaw», pour le chef de l’état-major et en même temps adjoint du commandant on choisit le major diplômé Waclaw Janaszek pseudo «Bolek». La tâche de « Kedyw » fut de protéger le Quartier du Commandement général d’AK dont le siège se trouvait dans la manufacture de Kamler à 72, rue Dzielna. Ce groupe aurait pu être utilisé aussi en tant que réserve pour soutenir les régiments du district Wola. Malheureusement, les plans opérationnels du district ne considéraient pas la coopération directe.

          À Wola siégeaient aussi : le 3ème bataillon du district militaire de la PPS (Partie socialiste polonais) du capitan Karol Krynski et le pluton d’AL (Armée du peuple) commandé par le sous-lieutenant Zbigniew Paszkowski pseudo «Stach».

          L’ennemi stationnant à Wola possédait 4000 tankistes et grenadiers blindés de la division «Hermann Göring», aviateurs du port Boernerowo, soldats de la Wehrmacht et de la SS soutenus par les groupes de protection de chemin de fer «Bahnschutz» et la garde de fabrique «Werkschutz». En général, les Allemands, profitant d’aide des tanks et d’artillerie, furent très bien armés.

          En outre, les ordres prononcés trop tard causèrent des problèmes durant la mobilisation des insurgés à Wola. Les unités d’opération allemandes stationnant sur le territoire de Bemowo, Boernerowo, Gorce et Ulrichow, en se déplaçant vers le front oriental, bloquèrent les voies de communication et surtout les magasins d’arme de la région I qui se trouvaient dans les jardins d’Ulrich.





Ralliement des régiments d’AK à l’heure «W»


          Sur les points de mobilisation ne se présentèrent que 20% des soldats dans la région I, pendant que dans la région II – 80% et dans la région III – 17% des forces estimées. Au total, dans tout le quartier se concentrèrent environ 950 soldats d’AK, environ 100 du district militaire de la PPS et environ 20 de l’AL. À cause des problèmes de communication, à peine une partie modeste d’arme et des munitions amassées fut livrée aux soldats qui ne furent donc pas tous armés. Le groupe «Radoslaw», comptant à l’heure d’éclatement d’insurrection seulement 900 soldats, dut affronter les mêmes complications.





Ralliement des soldats du bataillon «Piesc» (Poignée) du groupe « Radoslaw » près du cimetière évangélique


          Les tâches à affronter par les soldats du District furent très importantes. On attendait que les insurgés maîtrisassent un très haut terrassement ferroviaire de la ligne périphérique, partageant d’une telle façon le territoire du District de Wola en deux parties, ce qui empêcheraient le fonctionnement du train blindé. On planifia aussi de prendre les casernements de l’école d’aviation à Boernerowo, le magasin des carburants «Naftusia» dans la rue Ostroroga, la Gare de l’ouest, le Fort de Bem, les bâtiments de l’école de la rue Ozarowska et Deotymy et l’entreprise ferroviaire de la rue Sokolowska. Ces cibles dépassaient considérablement les capacités du District.

          Le 1er août 1944, à 14 heures, la rebuffade des commandants eut lieu sur le poste de commande du District à 7, rue Dzialdowska. D’après certains parmi les officiers groupés, face aux mauvais résultats de mobilisation et à la dominance écrasante des Allemands, l’action ne devrait pas être entreprise. Néanmoins, l’opinion de maîtriser les cibles définis dans l’ordre d’opération gagna.

          Déjà avant l’heure choisie pour le commencement d’insurrection, un affrontement grave eut lieu dans le quartier. Czeslawa Janowska, habitante de Wola, à l’époque de la rue Sowinskiego, en fut témoin:
          «Vers 14h30, dans la rue Wolska tout près de Sowinskiego, deux hommes en plein armement ont sauté de la voiture qui passait, stoppée par les Allemands. La fusillade a commencé. Les hommes ont fui et se sont cachés tout près, entre les bâtiments. La voiture, avec les personnes qui y sont restées, a continué son trajet. La panique a éclaté dans la rue. Effrayées, les personnes tombaient sur terre. Les Allemands ont vite appelé les secours. En tant que vengeance, ils ont pris de la rue 8 hommes, choisis par hasard, et les ont fusillés au coin des rues Sowinskiego et Karlinskiego».
          La femme, présente sur cet endroit, vit non seulement l’arrêt de la voiture, mais aussi l’exécution. Pour revenir à la maison, elle dut passer par un trottoir étroit, tout près des corps.


Tableau de mémoire à 28, rue Sowinskiego (photo par J. Mankowska)
(Le tableau dit : L’endroit sanctifié par le sang des Polonais, morts pour la liberté de la patrie.
Au dessous : Ici, le 1er août 1944, les hitlériens fusillèrent 8 Polonais)


          Après cet incident, les Allemands installèrent tout de suite une carabine mitrailleuse sur le toit du bâtiment à 174, rue Wolska pour pouvoir sans cesse faucher ses alentours.

          Un autre affrontement eut lieu près des cimetières de la rue Okopowa durant la livraison d’arme et des munitions pour le groupe «Radoslaw». La fusillade éclata aussi dans la manufacture des meubles de Kamler située dans la rue Dzielna. La voiture allemande y vint pour reprendre le transport des uniformes du magasin gui s’y trouvait. La fusillade alarma le commandement de police. À l’heure d’éclatement d’insurrection, ce fut le Quartier du Commandement général qui eut son siège dans la manufacture. Durant l’action, l’accès au Quartier fut bloqué. Le sous-régiment d’alarme de police allemande s’achemina pour atteindre l’endroit en 3 voitures, supportées par une voiture blindée. Les sons du combat alarmèrent aussi l’état-major du groupe «Radoslaw», installé à 44, rue Okopowa. Les insurgés de «Kedyw» ouvrirent le feu vers les policiers. Ils brisèrent le sous-régiment allemand, captivèrent les prisonniers et prirent de l’arme. Néanmoins, la voiture blindée avec le personnel arriva à atteindre la rue Gorczewska et regagna le régiment allemand à Ulrichow, en l’informant sur la situation qui se produisit.

          Quand les régiments polonais commencèrent la bataille, les Allemands furent déjà conscients de l’éclatement d’insurrection.

          Le groupe du lieutenant «Ostoja», situé sur les positions dans la rue Ksiecia Janusza, ressentit cette décision particulièrement douleureusement. Les insurgés, avant d’arriver à développer leurs forces, furent attaqués par les tanks et l’artillerie allemande, concentrée à Ulrichow. Après une heure de bataille saignant, le groupe fut brisé avant 18 heures. Les Allemands tuaient les insurgés blessés et pris en captivité.

          Les insurgés du lieutenant «Gromada», préparant l’attaque contre les Allemands qui stationnaient dans les écoles de la rue Ozarowska au carrefour des rues Deotymy et Zawiszy, partagèrent le destin du groupe du lieutenant «Ostoja». L’artillerie et les tanks allemands anticipèrent l’action des Polonais. Le groupe fut brisé, les pertes atteignirent 30%. Les blessés et les captivés connurent encore une fois la mort. L’opération du pluton d’AL du sous-lieutenant Paszkowski, qui se retirait par la rue Obozowa vers Mlynarska, libéra quelques soldats menés à la fusillade.

          Aussi l’attaque du stock des combustibles «Naftusia» de la rue Wawrzyszewska, organisée par le groupe du lieutenant «Wit», finit par échec. Les agresseurs furent stoppés par le feu d’arme mitrailleuse. Même s’ils éprouvèrent des pertes moins importantes que les deux derniers groupes, ils n’arrivèrent pas à accomplir la tâche leur accordée.

          Le groupe du lieutenant «Zar», en regagnant l’école de la rue Gostynska, n’accomplit la tâche que partiellement. Toutefois, il n’arriva pas à reconquérir les « casernements des cheminots », alors l’atelier de chemin de fer de la rue Sokolowska.

          Seuls les sous-régiments du groupe «Radoslaw», combattant le premier jour en arrière des forces du district «Wola», remportèrent le succès. Ses bataillons reconquirent toute la partie nord de la rue Okopowa et les quartiers l’avoisinants à l’est et à l’ouest. À 17 heures, le bataillon «Zoska» emporta d’assaut les casernements appartenant à l’école de Sainte Kinga de 55a, rue Okopowa et prit ensuite les captifs et de l’arme. Le bataillon entoura aussi la manufacture de Pfeiffer de 58/72, rue Okopowa et le cimetière juif. Les plutons du bataillon «Parasol» envahirent le cimetière calvinien et entrèrent dans la rue Mlynarska près de Gorczewska et Wolska. Le bataillon «Miotla» s’installa au carrefour de la rue Okopowa avec la place de Kerceli. Le régiment du lieutenant Stanislaw Sosabowski pseudo «Stasinek» prit les magasins de l’entreprise « Bacutil » de 4, rue Stawki, où les Allemands stockaient les provisions et les uniformes.


Magasins de la rue Stawki pris par les soldats du groupe «Radoslaw»


          On s’empara aussi de l’école de la rue Niska, où on libéra environ 100 Juifs hongrois et regagna quelques carabines chargées.

          Le groupe d’une dizaine des membres d’AL, commandé par le lieutenant Zbigniew Paszkowski pseudo «Stach», rejoignit dans la rue Obozowa l’action militaire menée par les soldats d’AK. Ce régiment d’AL participa activement dans le combat, comme le régiment d’AL de Kolo, commandé par le sergent-chef Lech Matawski pseudo «Mirek», qui prit part dans l’attaque du dépôt pour les tramways de la rue Mlynarska.

          On estima que les forces allemandes opérant sur le territoire de Wola possédaient environ 30 tanks et de nombreux régiments d’infanterie. Les viaducs de la ligne périphérique furent largement contrôlés par l’ennemi. Les tanks patrouillaient le terrain jusqu’à la tombée de la nuit, ouvrant en aveugle le feu vers les rues.

          Heinrich Himmler s’informa de l’éclatement d’insurrection déjà une demi heure plus tard. Il se rendit à Hitler en lui proposant sa propre participation dans l’étouffement de cet élan libératoire des Polonais. Il déclara:
          «Mein Feuhrer, du point de vue historique, c’est une bénédiction. Après cinq ou six semaines, nous nous tirerons de tout ça, et puis Varsovie, la capitale, la tête, l’intelligence de cette nation sera détruite.»

          Initialement Hitler ordonna, en coup de colère, le retrait de toute l’armée et de toute la police de Varsovie et le bombardement total de la ville par la 6ème flotte aérienne du général Ritter von Greim. Néanmoins, cette tâche s’avéra impossible à accomplir. Fuehrer ordonna donc à Himmler et au général Guderian de porter secours aux régiments allemands bloqués à Varsovie. Il dit: «Warschau wird glattrasiert – Varsovie – à démanteler».

          Himmler envoya au commandant du camp de concentration à Sachsenchausen près de Berlin une dépêche avec un ordre de fusiller le général Grot-Rowecki y détenu. Le 2 août, Himmler lui-même vola de Ketrzyn à la Prusse-Orientale vers Poznan, où il commença à organiser les renforts des régiments locaux de police et de Wehrmacht.

          Le 1er août, Hitler et Himmler ordonnèrent ensemble: «Chaque habitant est à tuer, il ne faut pas prendre des captifs. Varsovie doit être démantelée et, suite à cela, un exemple effrayant doit être créé pour toute l’Europe».

          La nuit du 1er au 2 août, les régiments du lieutenant-colonel «Radoslaw» écartèrent les Allemands constituant une menace pour le Quartier Général de la manufacture des rouleaux située tout près et libérèrent le commandement séparé.

          Après 17 heures, le général Geibel, chef de la SS et de police dans le District de Varsovie, se communiqua par téléphone avec le général Reiner Stahel, commandant du garnison allemand de Varsovie, bloqué dans une autre partie de la ville. Le général Stahel envoya par radio et téléphone un rapport avec la demande pour les renforts au gouverneur Hans Frank stationnant à Cracovie et au commandement de la 9ème Armée. Le 1er août à 23 heures, une conférence commença à Skierniewice, dans l’état-major du commandant de la 9ème Armée le général des forces blindées Nicolas von Bormann. Elle dura jusqu’à la matinée.

          La nuit du 1er au 2 août, les insurgés construisirent les fameuses barricades qui fermaient l’entrée dans la ville. Un réseau très dense des barricades apparut dans les rues Wolska et Gorczewska et dans leurs transversales, à partir de Plocka jusqu’à la place de Kerceli.


Barricades à Wola


          Les chars de transport des tramways, les voitures et les plateformes équestres, les carreaux du trottoir et du pavé, les rails et les sacs remplis de sable, les meubles et la terre du cavage constituèrent le matériel utilisé durant la construction de ces barrières. Les fossés anti-blindage et ceux de communication furent le complément des barricades.




Barricade au carrefour des rues Mlynarska et Zytnia

Barricade dans la rue Okopowa près de Zytnia

          Le peuple civil participait activement dans la construction des barricades. La hauteur de certaines d’entre elles atteignait jusqu’au 2.5 mètres. Les fossés anti-blindage avaient 3.5 mètres de largeur et 1.8 de profondeur.


Construction des barricades à Wola


          La barricade au carrefour des rues Mlynarska et Wolska, construite des tramways renversés, était capable de stopper les tanks les plus lourds.





Barricade construite des tramways au carrefour de Mlynarska et Wolska


          Durant les premiers jours d’insurrection, l’objectif principal des Allemands fut de dégager et de maintenir les voies principales entre l’est et l’ouest, avec les ponts Poniatowskiego et Kierbedzia, afin d’assurer le transport libre des soldats pour soutenir du côté de Praga les forces allemandes combattant dans les territoires à l’est de Varsovie. Un objectif additionnel fut de libérer les groupes allemands séparés près du palais de Brühl. Parmi eux se trouvèrent le commandant du garnison de Varsovie le général Stahel et le gouverneur du district de Varsovie Ludwig Fischer.


Palais de Brühl


          En l’occurrence, une forte pression allemande affecta Ochota et Wola – deux quartiers constituant le bouclier occidental de Varsovie.

          Le 2 août, à partir du matin, commencèrent les attaques allemandes des positions créées dans la soirée et dans la nuit par les insurgés. La ligne principale d’agression allemande vers l’est passait le long des rues Wolska et Gorczewska. De plus, l’ennemi attaquait du nord, à partir de Powazkowska jusqu’à Okopowa, avec l’intention d’entourer le complexe des cimetières. Le premier coup de l’ouest sonna à 7 heures. Les Allemands furent arrêtés sur la ligne des barricades le long de la rue Plocka. Les forces allemandes attaquant le long de Wawrzyszewska précipitèrent les insurgés vers les positions sur le point de connexion des rues Mlynarska et Ostroroga.
          À 7h30 commença l’attaque allemande de la rue Powazkowska vers Okopowa. Quelques tanks et transporteurs blindés y participaient. Les régiments du lieutenant-colonel «Radoslaw» qui s’y battaient arrivèrent à arrêter l’offensive. Ils prirent des captifs et regagnèrent beaucoup d’équipement.
          À 11 heures, les Allemands répétèrent l’opération le long des rues Wolska et Gorczewska. L’infanterie, soutenue par quelques tanks et le feu des grenadiers, emporta d’assaut les positions des insurgés au carrefour de Plocka et Gorczewska. Les sous-régiments du capitan «Hal» durent se retirer d’abord vers une barricade de la rue Dzialdowska, ensuite vers celle de Tyszkiewicza et, partiellement, dans la direction est vers la barricade principale à Mlynarska.
          Le long de Wolska, la situation fut semblable. Malgré la défense dévouée des positions à Plocka, Dzialdowska et Skierniewicka, les Allemands avançaient, s’emparant des points de résistance situés dans les maisons aux deux côtés de la rue Wolska. L’offensive arriva à la barricade au carrefour de Wolska et Mlynarska. Elle était défendue avec dévotion par les régiments d’AK du capitan Waclaw Stykowski «Hal» et capitan Karol Krynski «Waga» des Régiments militaires du Service socialiste des insurgés et par les plutons d’AL du sergent-chef «Mirek» et du sous-lieutenant «Stach». L’attaque allemande fut repoussée.
          Les patrouilles composées des insurgés du groupe «Radoslaw» s’acheminèrent du territoire de cimetière évangélique afin de reconnaître la situation dans les rues Wolska et Gorczewska. À 16 heures, les sous-régiments des bataillons «Czata 49» et «Piesc» attaquèrent du territoire de cimetière évangélique le côté gauche de l’armée allemande. Par la suite, l’ennemi fut éloigné à la hauteur de la rue Plocka, ce qui améliora la situation des barricades le long de Mlynarska, Gorczewska et Wolska. Sur cette étape, le calme vint pour un peu de temps.
          Sur l’étape nord, les Allemands continuaient l’offensive de Powazki le long de la rue Okopowa. Environ 50 Polonais furent précipités devant les tanks et l’infanterie comme de «vifs boucliers». L’attaque allemande au niveau de cimetière à Powazki fut stoppée par les sous-régiments « Brody » du groupe «Radoslaw». Les soldats du bataillon «Zoska» regagnèrent deux tanks du type «Panther». Le mécanicien Jan Luniewski «Lubenski» les mit en marche. Le commandant de l’AK décora «Lubenski», pour la première fois durant l’insurrection, de la Croix de mérite d’argent avec glaives. Les tanks furent utilisés durant les jours suivants de combat.





Les tanks «Panther» pris par les soldats du groupe «Radoslaw»


          Le soir, suivant l’ordre du lieutenant-colonel «Radoslaw», la position de défense située sur l’étoile des rues Ostroroga et Mlynarska fut reprise par les soldats de son groupe. Les sous-régiments du district Wola qui y stationnaient entreprirent le renforcement des barricades principales dans les rues Zytnia, Gorczewska et Wolska. La nuit du 2 au 3 août, les régiments défendant les barricades le long de Mlynarska près de Wolska et Gorczewska avancèrent vers l’ouest leurs postes d’assurance. On occupa le moulin de Michler et la ligne des rues Dzialdowska et Staszica. Les patrouilles découvrirent que durant les deux premières journées de l’insurrection les Allemands effectuèrent la massacre des habitants des rues Wolska, Gorczewska et Sokolowska, aussi bien que sur le territoire de Powazki, à 41, rue Powazkowska.

          L’ennemi, surpris non pas par le fait même d’éclatement d’insurrection, dont il fut conscient depuis beaucoup de temps, mais par sa force, par l’ampleur des actions et par plusieurs succès remportés par les insurgés, entreprit, déjà le 2 août, une forte controffensive. Heinrich Himmler commença l’organisation de «renfort pour Varsovie». Il ordonna la formation des forces policières, militaires et celles de la SS, qui auraient dû aider les Allemands dans la bataille avec les insurgés. Le général Heinz Reinefarth obtint le commandement de ces forces. On envoya aussi à Varsovie une brigade de la SS commandée par SS-Oberführer Oskar Dirlewanger et composée des criminels, aussi bien que RONA (Russkaya Osvoboditelnaya Narodnaya Armiya ; Armée nationale russe de libération), sous commandement du général de la SS Mieczyslaw Kaminski, renégat et traitre.

          Les régiments allemands du soutien, qui atteignirent Varsovie le 3 et le 4 août, furent placés à Ochota (brigade de la SS de Kaminski) et à Wola (groupe de combat du général Reinefarth, y compris la brigade de Dirlewanger).


Azéris de Kampfgruppe Reinefarth


          Le général Erich von dem Bach, SS-Obergruppenführe et chef des régiments lutant contre les partisans sur tout le territoire occupé par l’armée allemande, fut nommé le commandant de la totalité des forces allemandes qui avaient pour but la pacification d’action insurrectionnelle.

          Le 3 août à 8 heures, l’infanterie, supportée par les tanks, entama l’offensive le long des rues Gorczewska et Wolska. Les Allemands utilisaient les groupes des civils en tant que protection des tanks durant l’attaque et pour la déconstruction des barricades. L’offensive du matin fut repoussée grâce aux patrouilles spéciales d’élimination d’arme blindée. Placées en avant des barricades insurrectionnelles, elles employaient avec habileté les bouteilles avec de la liquide incendiaire.
          À 10h30 environ, les Allemands répétèrent l’assaut, en particulier le long de la rue Wolska. Comme c’était déjà le cas, quelques centaines des «vifs boucliers» - habitants de Wola furent précipitées devant les régiments durant l’attaque. Un grand groupe des tanks atteignit vers midi la barricade principale de la rue Wolska près de Mlynarska. Les défenseurs de la barricade, sous pression des tanks et d’infanterie, se retinrent vers la rue Mlynarska, partiellement vers le dépôt pour les tramways. Les civils, précipités devant les tanks, furent forcés à former dans la barricade le passage pour les tanks. La colonne blindée de la division «Hermann Göring», après avoir passé par la barricade, se dirigea vers la rue Towarowa et, par Aleje Jerozolimskie, atteignit le pont de Poniatowski et ensuite le quartier de Praga.
          L’infanterie allemande supportant les tanks entama la liquidation des points de résistance dans la rue Mlynarska. Le combat très dur éclata, surtout pour les maisons aux numéros 12, 14 et 16. Après une rude bataille, les plutons d’AL du sergent-chef «Mirek», avec un pluton de bataillon «Parasol», reprirent toute la rue Mlynarska, à partir de Gorczewska jusqu’à Wolska, pendant que les régiments de la PPS du capitan «Waga» - du côté de dépôt pour les tramways. Les groupes du capitan «Waga» et du sergent-chef «Mirek» assiégèrent à nouveau le carrefour de Mlynarska et Wolska. Une partie d’habitants des maisons situées plus loin fut aussi reprise. Le soir, la barricade fut reconstruite et réoccupée par les insurgés. Dans les maisons libérées par les Polonais, on retrouva les corps des habitants.
          Les avions allemands jetaient les dépliants par lesquels l’ennemi appelait à cesser les combats.

          Le 4 août constitua un tournant dans les batailles à Wola. Ce jour-là, les renforts allemands arrivèrent dans la ville. C’étaient : bataillons de la SS et de Wehrmacht de Poznan, brigade de police «Warthegau», régiment de la SS «Dirlewanger» et autres unités avec le général Reinefarth, leur commandant. Les généraux Reinefarth et Dirlewanger obtinrent du commandement de la 9ème Armée un ordre d’effectuer le 5 août l’offensive sur la ligne Wolska-Chlodna-Jardin Saski-palais de Brühl.
          À partir du matin, les Allemands continuaient les attaques des barricades à Wolska et Gorczewska. Après les premiers coups des grenadiers, les patrouilles allemandes s’acheminèrent vers les positions insurrectionnelles mais, après la fusillade du niveau des barricades, ils se retinrent derrière le terrassement ferroviaire. Trois fois pendant la journée, environ 30 avions jetaient les bombes incendiaires sur le quartier, le long des rues Wolska, Gorczewska et Mlynarska. Après les bombardements, les Allemands répétèrent l’attaque d’infanterie sur 4 directions : Wolska, Gorczewska, Zytnia et Dlugosza. L’offensive fut brisée par le feu puissant des insurgés. De plus, l’attaque des régiments du lieutenant-colonel «Radoslaw» sur le groupe de police, qui se trouvait en arrière, sur le territoire du ghetto, empêchait le bombardement. Les régiments de «Radoslaw» attaquaient l’après-midi et le soir du territoire de la rue Zelazna.
          Les blessés vinrent en grand nombre dans les hôpitaux du quartier, surtout à l’hôpital Wolski (26, rue Plocka) et Karola i Marii (136, rue Leszno). Les insurgés qui se trouvèrent vifs dans les mains des régiments d’ennemi en offensive, aussi bien que les habitants des rues et des maisons conquises, devinrent victimes des plusieurs homicides.

          La nuit du 4 au 5 août, à une heure du matin, les régiments insurrectionnels obtinrent les parachutages d’armes et de munitions. Les avions du type «Halifax», dont l’arrivée fut annoncée la veille par radio, effectuèrent des droppages sur les cimetières Juif et Powazkowski et sur la rue Mlynarska. Ce fut la première manifestation du soutien envoyé par les pays de l’Ouest à Varsovie combattant.

          Le 5 août à 7 heures, les régiments du général Reinefarth, soutenus par les forces du régiment de Dirlewanger, entamèrent l’offensive générale dans les rues Siedmiogrodzka, Kalinki, Wolska, Gorczewska, Zytnia et Dlugosza. L’artillerie, l’arme mitrailleuse lourde et les tanks lourds entrèrent en jeu, en l’accompagnement des bombardements aériens.
          La barricade de la rue Gorczewska près de Dzialdowska fut occupée par la compagnie du lieutenant «Zar», pendant que celle de Gorczewska près de Tyszkiewicza – par la compagnie du porte-drapeau «Jasmin». La compagnie de «Stefan», constituant les forces du soutien pour le groupe commandé par le major «Waligora», stationnait dans la rue Gibalskiego. Le groupe de «Radoslaw» fut placé sur les positions à l’étoile des rues Ostroroga et Mlynarska, Leszno et Mlynarska, Zytnia et Mlynarska et sur quelques endroits du côté est.
          La droite des forces allemandes fut occupée par le bataillon de Dirlewanger, le centre par les régiments de Poznan commandés par Reinfarth et soutenus par la compagnie des tanks lourds, la gauche par le garnison allemand stationnant à Wola. Les Allemands disposèrent d’environ 3000 soldats sur le front long d’environ un kilomètre. L’offensive fut supportée par le feu d’artillerie de campagne et des canons des tanks, aussi bien que par les grenadiers et les nids des carabines mitrailleuses situées sur les tours de l’église de saint Adalbert et sur les postes de garde de l’entreprise «Naftusia». Les attaques de l’infanterie et des tanks furent précédées par les bombardements dirigés surtout vers les barricades et les cimetières.
          Après les bombardements, l’infanterie soutenue par les tanks entra en jeu. Sur la rue Gorczewska, les canons du cuirassé placé sur la ligne périphérique près du viaduc constituèrent une barrière en devant des véhicules militaires.


Cuirassé allemand


          Le principal groupement allemand menait l’offensive dans la rue Wolska. Les groupes d’assaut d’infanterie étaient précédés par trois tanks lourds dirigeant le feu des canons et des carabines mitrailleuses vers les points polonais de résistance situés dans les maisons des deux côtés de la rue. Près du moulin de Michler, où se trouvait le point de résistance des insurgés du pluton commandé par le sous-lieutenant Chorazyk du bataillon «Parasol» et du pluton d’AL commandé par le sous-lieutenant «Mirek», l’un des membres de l’Armée du peuple (AL) détruisit le tank allemand.
          Grâce au matériel parachuté dans la soirée, la force des insurgés grandit. Ils parvinrent à arrêter les Allemands devant la barricade au coin de Wolska et Mlynarska. Néanmoins, le long de Gorczewska, c’était l’ennemi qui emporta plus de succès. Le feu du cuirassé brisa les barricades dans les rues Plocka et Dzialdowska. Vers 10h30, la compagnie du lieutenant «Zar», ayant perdu beaucoup de sang, se retira vers la barricade à Tyszkiewicza. Dans les quartiers conquis, surtout dans la rue Dzialdowska, les Allemands commencèrent à brûler les maisons et assassiner les civils.
          À 40, rue Wolska, le groupe d’assaut de la 1ère compagnie du bataillon d’AK «Parasol», commandé par le sous-lieutenant Janusz Brochowicz-Lewinski pseudo «Gryf», menaient les combats très durs pour le palais de Michler. Parmi les soldats de «Parasol» se trouva le chef du pluton Jozef Szczepanski pseudo «Ziutek» qui, ce jour-là, écrit une fameuse chanson insurrectionnelle Palacyk Michla (Palais de Michler).




Palais de Michler

arrangement des régiments du bataillon «Parasol»"


Janusz Brochowicz-Lewinski à côté du tableau de mémoire (photo par J. Mankowska)


          Plus tard, une bataille brutale éclata sur le territoire du dépôt pour les tramways. Les Allemands essayèrent de contourner la barricade du sud, ensuite brisèrent le régiment de la PPS dont le commandant, capitan Krynski, périt. L’hôpital de Saint Stanislas fut vaincu et, vers 14 heures, tomba la barricade du carrefour de Wolska et Mlynarska, attaquée du derrière (de l’est et du sud).
          Les régiments du district Wola d’AK se retirèrent des barricades sur la ligne de Mlynarska vers la rue Gibalskiego et sur le territoire du cimetière évangélique. Puisque le commandant du district, major Tarnowski, devint blessé, le chef de l’état-major lieutenant Jerzy Dominiuk pseudo «Wilnianin» prit sa fonction. Il arriva à maîtriser la situation. Les insurgés prirent l’hôpital Karola i Marii et préparaient la défense du carrefour de Gibalskiego et Zytnia. Le capitan Waclaw Stykowski pseudo «Hal» devint le commandant du lancement de bataille.
          Les plutons d’AL se retirèrent de barricade au carrefour de Wolska et Mlynarska vers la rue Ogrodowa où, en coopération avec les sous-régiments d’AK du lieutenant «Ostoja» déjà reculés, ils entamèrent la préparation de défense. Vers 17 heures, la situation se stabilisa un peu, l’offensive allemande affaiblit, ne dépassant pas du côté sud la rue Gorczewska et de l’ouest – Mlynarska.
          Vers 18 heures, une contrattaque des régiments de «Radoslaw» vers la rue Wolska commença à l’ouest du cimetière évangélique. Les sous-régiments des bataillons «Parasol», «Czata 49» et les insurgés du capitan « Hal » y participèrent. Malheureusement, l’offensive polonaise se brisa sur le territoire de colonie de Wawelberg dans la rue Gorczewska et près de l’hôpital de Saint Lazare. Toutefois, l’attaque empêcha le mouvement des régiments allemands, rendant possible l’évacuation partielle des blessés et la fuite des civils. À minuit, l’hôpital Karola i Marii reçut un ordre d’évacuation.
          Durant les batailles sur le territoire du ghetto, le bataillon «Zoska», supporté par deux tanks repris, conquit vers 17 heures le camp de concentration dans la rue Gesia (aujourd’hui Anielewicza), libérant ainsi 350 Juifs y détenus (24 femmes y compris). Ils étaient dans la plupart des cas d’origine étrangère – roumaine, hongroise, tchèque, néerlandaise et autres. Les Juifs libérés se retirèrent ensuite avec les insurgés vers la Vieille Ville.





Soldats du bataillon «Zoska» sur le territoire du camp «Gesiowka»


          Sur la direction sud de l’offensive, les Allemands répétèrent le procédé d’utilisation des civils comme « vifs boucliers ». Alicja Bajdasiuk, témoin, relate:
          «La canicule, la chaleur des maisons en feu étaient insupportables… Les nôtres tiraient de place de Kerceli vers la rue Towarowa. Les Allemands nous ont arrêté et on fait de nous une «vive barricade».
          Sous menace de fusillade, ils nous ont ordonné de nous coucher d’un côté de la rue à l’autre. Avec nos dos vers les nôtres, on s’agenouillait, ou s’accroupissait, et les Allemands se sont couchés devant nous, ou, à un genou, tiraient par nous vers la place de Kerceli.
          On était 23 (2 enfants y compris). Il est difficile de décrire ce qu’on a vécu pendant ces deux heures d’action. On était tous prêts à mourir et on récitait à voix haute le chapelet. Les bales murmuraient au dessus de nous, près des oreilles, passaient entre les têtes. Le grondement des carabines allemandes nous a complètement assourdi, la mort était à venir dans chaque instant...»


          Malgré la résistance héroïque des régiments insurrectionnels, le soir du 5 août les Allemands atteignirent la place de Kerceli. Vers 19 heures, le général de la SS Erich von dem Bach arriva dans le quartier. Son état-major s’organisa à Sochaczew, 30 kilomètres de la capitale.

          À partir déjà du matin, la massacre des civils et la mise du feu systématique commencèrent à Wola sur les rues conquises. Samedi 5 août, au total plus de 20 000 habitants de Wola furent massacrés dans leur quartier.

          La nuit du 5 au 6 août, des changements considérables eurent lieu parmi les forces des insurgés. Leur partie principale, c’est-à-dire environ 140 soldats de la 2ème région commandés par le capitan «Hal», se retirèrent vers la rue Krochmalna, rejoignant le groupe du capitan «Sosna» y combattant. Certains plutons de la 1ère et 2ème région se retrouvèrent dans la rue Ogrodowa, faisant d’une telle façon partie des forces du district du Centre Ville. Les plutons de la 3ème région joignirent le groupe «Radoslaw». En l’occurrence, la défense des derniers coins libres de Wola devint la tâche des bataillons du groupe «Radoslaw».

          Le 6 août à 6 heures, l’offensive allemande commença le long de la rue Mlynarska et par la place de Kerceli vers le cœur de la ville. Le bataillon de la brigade de Dirlewanger, après un dur combat, se perça le long de Chlodna et Elektoralna vers la place Zelaznej Bramy. Dans l’après-midi, les Allemands atteignirent Hala Mirowska et brossèrent par le jardin Saski vers le palais de Brühl. Le général Stahel et le gouverneur Fischer reçurent les secours pleins de joie car le régiment défendant le bâtiment se presque effondra.
          Sur la ligne de la rue Wronia, les régiments d’AL, commandés par le major «Ryszard» qui y vint de la Vieille Ville avec secours et retirés de Wola, combattaient jusqu’à tard dans la soirée.
          Les Allemands, afin de débloquer les voies est-ouest et les assurer du nord et du sud, attaquèrent les cimetières. L’attaque fut menée du sud par la ligne de la rue Wolska à l’étape entre Okopowa et Mlynarska, et de l’ouest - du territoire stratégique de la rue Plocka le long de Dlugosza et Zytnia. Le coup concentrique fut supporté par les tanks et le feu des grenadiers et d’artillerie.


Allemands en offensive


          Initialement, les Allemands restaient sur les positions le long de Gorczewska et ensuite Zytnia. L’assaut direct des cimetières du territoire stratégique des rues Zytnia et Mlynarska commença vers 14 heures. Les groupes allemands de combat se percèrent vers le cimetière évangélique. Les insurgés durent quitter cet endroit jusqu’à 16 heures et se retirer vers Okopowa.
          À 18 heures, une controffensive polonaise menée du cimetière juif commença afin de regagner les positions perdues. C’étaient les plutons du bataillon «Zoska» qui y participèrent. La contrattaque, soutenue par les insurgés le long d’Okopowa, résulta en récupération des deux nécropoles. Les Allemands, ayant subi des dégâts, se retinrent dans Zytnia et Mlynarska. Ils laissèrent beaucoup d’arme et de munition. Le terrain à l’ouest, le long de Mlynarska jusqu’à Zytnia, fut assiégé par les plutons des bataillons «Piesc» et «Parasol», pendant que «Czata» prit position le long de Zytnia et Leszno. «Miotla» s’installa à l’est. L’étape nord du rectangle, à partir de la barricade dans la rue Soltyka par le cimetière juif jusqu’à la rue Okopowa, était occupée par les sous-régiments de «Broda».
          Vers 15 heures, les Allemands conquirent l’hôpital pour les enfants Karola i Marii. La partie des blessés fut tuée, pendant que le personnel et le reste des malades furent chassés et précipités vers l’hôpital Wolski. L’entreprise recevait ensuite, jusqu’à 24 octobre, les blessés sauvés durant la prise, l’un après l’autre, des quartiers varsoviens. L’hôpital aidait, dans la mesure du possible, le peuple conduit par le point d’étape dans l’église de Saint Adalbert vers le camp de transit à Pruszkow.
          Dimanche 6 août, durant la suite d’envahissement de Wola par les formations de Dirlewanger et Reinefarth, la massacre du peuple, aussi bien que des malades et des blessés, était continuée.


Situation à Wola de 5 à 7 août


          Le soir, le général Reinefarth retourna dans le tank à Wola. Il entreprit ensuite les préparations d’action d’assurance de la voie conquise, planifiée pour le jour suivant.

          Le 7 août, le général Reinefarth continuait à partir de l’aube son offensive à Wola, «purifiant» le territoire des rues Chlodna, Ogrodowa, aussi bien que des places Mirowski et Zelaznej Bramy. Les massacres du peuple civil et les exécutions eurent lieu à Chlodna, Elektoralne et dans Hale Mirowskie.


Général Reinefarth près de sa voiture de commandement


          La contrattaque polonaise menée aux alentours de place Mirowski par le major Stanislaw Steczkowski pseudo «Zagonczyk» prit certains succès et causa la mort d’un nombre important d’Allemands. Néanmoins, la controffensive fut finalement repoussée vers la rue Grzybowska.
          Les soldats du groupe du lieutenant-colonel «Radoslaw» menaient les combats très durs pour le cimetière calvinien (bataillon «Parasol») et pour les positions dans le ghetto (bataillon «Zoska»).
          La séparation du territoire des cimetières et de la Vieille Ville à partir de Centre Ville était pour les Allemands le succès du jour.

          Le 8 août, l’affluence allemande dans le territoire des cimetières du côté de la rue Wolska commença à accroître. Les régiments de Reinefarth , soutenus par quelques tanks, attaquaient du sud, le long d’Okopowa et Karolkowa. De l’ouest, les groupes allemands d’assaut approchaient les cimetières entre Dlugosza et Soltyka. Ils furent supportés par le feu du cuirassé stationnant sur la ligne périphérique. Le groupe d’insurgés, commandé par l’officier cadet Andrzej Sowinski, organisa une escapade du cimetière juif afin de détruire le train. Néanmoins, l’opération ne finit pas par succès. Le groupe subit d’importants dégâts, 6 soldats périrent.
          Vers 10 heures, les Allemands atteignirent du côté sud la ligne de la rue Zytnia et du côté ouest – l’étoile des rues Mlynarska et Ostroroga. Les combats très ardents du groupe «Radoslaw» avec l’ennemi attaquant de l’ouest et du sud, aux alentours de la rue Okopowa et des cimetières, duraient toute la journée. Après 7 heures de bataille meurtrière, les sous-régiments des bataillons «Piesc» et «Parasol» quittèrent la partie sud des cimetières dans la rue Zytnia et se retinrent sur la ligne de la rue Mareckiego. Ils parvinrent à y rester jusqu’à 19 heures, cédant aux forces dominantes de l’ennemi vers le cimetière juif.
          Avant 20 heures, le bataillon «Zoska» conduit de la rue Spokojna une contrattaque qui repoussa les Allemands. Les positions de défense dans les cimetières furent reconstituées. Après la brise de garde dans la rue Zytnia, les insurgés renforcèrent leurs positions dans l’école à 55a, rue Okopowa et dans la tannerie de Pfeiffer. Le major «Waligora» et le commandant de «Parasol», capitan Adam Borys pseudo «Plug» (Charrue), subirent de graves blessures. La nuit, épuisé, le bataillon «Czata 49» fut rétracté de ses positions dans la rue Karolkowa et dirigé vers Stawki.

          Le 9 août, les régiments du groupe «Radoslaw», comptant environ 1000 insurgés bien armés mais épuisés, maintinrent après une dure bataille leurs positions à Powazki, défendant l’entrée à la vieille ville. Le bataillon «Parasol» fut déplacé vers le ghetto, à partir du palais Mostowskich jusqu’à la ligne de la rue Gesia. Le territoire de la rue Stawki passait de mains en mains.
          Le gouverneur du district de Varsovie Ludwig Fischer, accompagné par ses fonctionnaires et protégé par le tank, fuit du palais de Brühl en dehors de la capitale. Dans la place Zelaznej Bramy et dans la rue Chlodna, les régiments insurrectionnels fusillèrent les Allemands. Fischer subit de légères blessures pendant que son adjoint, le docteur Hummel, périt.

          Le 10 août, l’offensive allemande le long d’Okopowa, sur la tannerie de Tamler et sur l’école de la rue Spokojna, commença déjà tôt le matin. Malgré plusieurs attaques, le groupe «Radoslaw»maintint les postes sur les rues Okopowa et Stawki, aussi bien que dans le cimetière juif.
          L’artillerie du cuirassé allemand inquiétait toute la journée le territoire du ghetto et la Vieille Ville. Après la brise de l’attaque, les Allemands résignèrent de répéter les attaques le soir et dans la nuit.

          Le 11 août, à l’aube, l’ennemi amassa des forces considérables et commença l’assaut systématique des positions polonaises du sud, de l’ouest et du nord. À 4 heures du matin, il occupa le point de résistance à l’étoile des rues Ostroroga et Mlynarska, pour prendre ensuite la partie nord du cimetière Powazkowski.





Attaque allemande do côté de la rue Powazkowska


          Les insurgés furent précipités aux postes de défense circulaire autour de l’école à 55, rue Okopowa, appelée «la fortresse». Jusqu’à 16 heures, les Polonais y repoussèrent une quinzaine d’attaques.

          Face au changement de situation sur le territoire de la rue Stawki, aussi bien que dans les autres zones, les plutons polonais, protégés par les groupes choisis du bataillon «Zoska», commencèrent à quitter les derniers coins de Wola. Le soir, ayant subi plusieurs dégâts en blessés et morts, les régiments se retinrent vers la rue Stawki. Le commandant du bataillon «Miotla», le capitan Franciszek Wladyslaw Mazurkiewicz pseudo «Niebora» périt, le lieutenant-colonel «Radoslaw» devint blessé. Le soir du 11 août, tout le territoire de Wola de l’époque, se retrouva dans les mains allemandes.


Situation à Wola le 11 août


          Les combats très durs dans la rue Stawki, pendant lesquels les bâtiments suivants passaient plusieurs fois de mains en mains, arrêtèrent les forces allemandes juste devant la VieilleVille, ce qui rendit possible la réorganisation du reste des régiments retirés de Wola et la préparation de défense de la Vieille Ville.

          Ayant prit tout le quartier de Wola, les Allemands installèrent dans le parc Sowinskiego le lance-bombes lourd et automoteur «Karl». À partir de 15 août, il était utilisé pour fusiller la Vieille Ville et le Centre Ville. Le lance-bombes rejetait les obus à 600 mm de calibre, hauts de 2100 mm et pesant 2.200 kg.





Lance-bombes « Karl » sur son poste dans le parc Sowinskiego


          L’obus passait par l’un plafond après l’autre et explosait le plus souvent au rez-de-chaussée, détruisant le bâtiment entier et ensevelissant ses caves. L’un des obus frappa la maison de 8, rue Moniuszki, où se trouvait le fameux restaurant «Adria». La munition, ayant passé par quelques étages, tomba dans le sous-sol du restaurant et... y resta. Elle fut ensuite désarmée par les pyrotechniques insurrectionnels. On utilisa sa charge pour produire les grenades. Un autre obus frappa l’hôtel «Prudential» - le bâtiment le plus haut à Varsovie de l’époque. Sylwester Braun pseudo «Kris» éternisa le moment même sur la photographie.


Hôtel « Prudential » frappé par l’obus tiré de « Karl »


          Plusieurs obus tirés de «Karl» n’explosèrent pas. L’une des causes de la situation fut le fait qu’ils étaient destinés à détruire des fortifications massives construites de béton. Les murs des maisons varsoviennes furent trop légers pour mettre le détonateur en marche. Les actions de sabotage menées par les ouvriers -habitants des terres conquises par le III Reich forcés à travailler dans les usines militaires allemandes constituaient une autre cause de cette situation.

          Durant la bataille insurrectionnelle à Wola, deux églises du quartier jouèrent un rôle exceptionnel.

          L’église de Saint Laurent, située sur la redoute 56, fut destinée à accomplir une tâche importante dans les plans stratégiques d’Insurrection de Varsovie.


Église de Saint Laurent à Wola (photo par J. Mankowska)


          Dans le presbytère de l’église se trouvait le Commandement de l’AK pour le quartier. Il fut initialement destiné à recevoir et à développer la coopération avec le débarquement de la Brigade parachutiste indépendante (Samodzielna Brygada Spadochronowa) du général Sosabowski, faisant partie de l’Armée polonaise de l’Ouest (Polskie Siły Zbrojne na Zachodzie). La brigade, au lieu d’arriver à Varsovie, fut finalement dirigée vers Arnhem pour y participer dans la bataille.


Presbytère de l’église Saint Laurent à Wola (photo par J. Mankowska)


          Le débarquement du commando polonais n’eut pas lieu. L’église devint l’endroit où se passa l’une des plusieurs tragédies de Wola. Le 5 août, les Allemands y fusillèrent 40 soldats de l’AK, aussi bien que le curé de la paroisse, le prêtre capitan Mieczyslaw Krygier.





Prêtre capitan Mieczyslaw Krygier et tableau de sa mémoire
(Le tableau dit:
Aux habitants de Wola massacrés
Au prêtre Mieczyslaw Krygier, cuiré de la paroisse de Saint Laurent, tué le 5 août 1944, durant l’’Insurrection de Varsovie)


          Dans le cimetière de l’église et au terrain l’environnant l’ennemi effectua plusieurs exécutions des civils.
          Après la massacre dans l’église de Saint Laurent, les Allemands prirent le 12ème Commissariat de police grenadière de Wola à 147, rue Wolska. Ses fonctionnaires coopéraient avec l’AK. Le témoin Waclaw Piorkowski dit:
          «Le 5 août 1944, au cimetière orthodoxe, dans la fossé du rempart, les Allemands ont fusillé 16 policiers et 2 civils (pris du 12ème Commissariat de police à Wola). Leurs corps ont été exhumés par la Croix rouge polonaise. C’était entre autres le prêtre Piorkowski qui y a péri. Le commissariat était une cellule organisée faisant partie d’AK. Le prêtre Krygier dissimulait dans le chœur de l’église de Saint Laurent des insurgés blessés. Il appela le Commissariat pour proposer de prendre les blessés... Le plus probablement, les Allemands reprirent la conversation et, pendant que les insurgés quittaient le commissariat, ils les ont entouré, pris et fusillé sur le rempart.»

          L’église paroissiale de Saint Adalbert de 76, rue Wolska fut partiellement détruite durant le siège de Varsovie en 1939. Durant l’Insurrection, les Allemands y organisèrent le camp de transit pour le peuple de la capitale.


Église de Saint Adalbert à Wola


          L’ennemi effectua sur le territoire autour de l’église plusieurs exécutions. Les corps étaient brûlés à 5, rue Sokolowska. Le camp fonctionnait à partir des premiers jours du mois d’août jusqu’à la capitulation de l’Insurrection. C’était le peuple des quartiers suivants conquis par les Allemands qui passait par cet endroit. Ensuite, les Varsoviens étaient dirigés vers le camp à Pruszkow.


Civils précipités par la rue Wolska vers le camp à Pruszkow


          Suite à la chute de Wola et à la prise par l’ennemi de l’axe Wola-Jardin Saski-Krakowskie Przedmiescie-pont Kierbedzia, les actions insurrectionnelles se concentrèrent dans trois grandes stations, peu liées entre elles-mêmes. C’étaient le Centre Ville (avec les sous-quartiers Powisle et Czerniakow), le quartier de Mokotow, la Vieille Ville ensemble avec le quartier Zoliborz et le village Kampinos.

          Après la chute de Wola, Varsovie insurrectionnelle résistait à l’armée allemande encore quelques semaines. La capitulation eut lieu le 2 octobre 1944, après 63 jours de combat. Ensuite, après le passage des insurgés à la captivité et l’exclusion des quelques milliers des civils de la capitale, Varsovie était systématiquement détruite par les Allemands. C’était seulement le 17 janvier 1945 que l’armée soviétique avec la 1ère Armée Polonaise (I Armia Wojska Polskiego) entrèrent dans la ville éteinte et démantelée.

          Afin de commémorer la pacification de l’Insurrection de Varsovie de l’année 1944, les Allemands établirent une médaille spéciale «Warschauer Schield», désignée probablement par Adolf Hitler lui-même. La décoration, attribuée aux tous les membres de la Wehrmacht et de la SS qui participaient aux combats avec les insurgés polonais, fut portée sur la manche gauche de l’uniforme. Himmler décora les principaux auteurs du « succès » par les plus hauts ordres du Reich. SS-Gruppenführer Heine Reinefarth reçut pour «la vertu et les mérites de guerre» les feuilles de chêne pour sa Croix de chevalier.




rédaction :
Maciej Janaszek-Seydlitz
Jerzy Janowski
Janina Mańkowska

traduction : Agnieszka Winconek



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